Conduite économique, les grands principes

Consommez moins de carburant, c’est facile … et gratuit !

9 févr. 2010 Arnaud Hugel

En suivant quelques règles très simples, il est possible d'alléger sa facture de carburant annuelle de 10% et de réduire ainsi ses émissions de CO2: pourquoi attendre ?

Véhicules propres, biocarburants, piles à combustible, voici une multitude de nouvelles techniques dans le domaine automobile qui nous promettent un avenir plus vert. Certains de ces nouveaux systèmes sont déjà en vente ou le seront dans un avenir proche, d’autres devront encore attendre d’être optimisés avant d’être lancés sur le marché. Le hic, c’est que la plupart ne résistent pas à une analyse détaillée, critique et objective qui malheureusement met un bémol sur leur soi disant vertu écologique.

Alors si vous voulez contribuer maintenant à l’amélioration de l’environnement, la seule façon facile, gratuite et réellement efficace se trouve en vous !

Faites chauffer le moteur en roulant

Imaginez que vous venez de démarrer votre voiture ce matin. Comme la majorité des Français, vous conduisez un véhicule diésel relativement compact muni d’une boite de vitesse manuelle. Brrr, il ne fait pas très chaud, le thermomètre indique 0°C. Mais parce que vous vous êtes renseigné sur la conduite économique, vous ne laissez pas chauffer le moteur à l’arrêt car ceci est contre-productif sur les moteurs modernes. Vous commencez plutôt à rouler, mais vous y allez piano sur les premiers kilomètres afin de laisser monter en température tous les organes mécaniques de façon progressive. Vous ne poussez donc pas les rapports, vous vous concentrez pour que votre moteur reste entre environ 1200 tours/minute et 2000 tours/minute. Ceci vous laisse déjà une bonne marge de manœuvre quant aux vitesses potentiellement atteignables : à 2000 tours/minute sur le rapport supérieur (la cinquième ou la sixième, en fonction du véhicule), vous pouvez déjà rouler entre 80 km/h et 110 km/h suivant la démultiplication finale de votre voiture. Vous commencez même à pouvoir « sentir » la vitesse de rotation du moteur sans vous référer à ce fameux compte-tours, instrument pour lequel vous ne portiez aucun intérêt avant et qui n’était que mystère quant à son utilité !

Au bout de quelques kilomètres, l’aiguille de votre jauge de température de liquide de refroidissement (un autre instrument qui ne vous parlait peut-être pas) vous indique 90°C, pile au milieu du cadran : votre moteur a atteint sa température optimale de fonctionnement ! C’est-à-dire que c’est à partir de ce moment précis qu’il aura son meilleur rendement et donc ses consommations les plus basses, d’où l’intérêt de rouler tranquillement pendant la phase initiale de mise en température qui est la plus énergivore et d’éviter les déplacements courts qui ne permettent pas au moteur d’atteindre cette température optimale.

Anticipez, c’est la clé d’économies substantielles

Vous êtes maintenant sur le point d’entrer dans un village et en bon éco-conducteur, vous aviez anticipé votre phase de ralentissement : au lieu de freiner fortement quelques mètres avant l’entrée du village, vous aviez arrêté d’accélérer environ 300 mètres avant son panneau afin de couper l’injection de carburant au moteur. Vous avez ainsi parcouru ces 300 mètres quasiment sans consommer ! Et c’est ce genre d’anticipation qui fera de vous un vrai éco-conducteur car ce système fonctionne bien sûr parfaitement avec les feus rouges et les stops. Gérer intelligemment ses changements de files en milieu urbain est aussi une source non négligeable d’économie. Combien de fois vous êtes-vous retrouvé coincé parce que vous ne vous étiez pas concentré ; style « mince j’aurais dû me mettre sur la file de droite ! ». Ce manque de concentration sur sa conduite est non seulement peu favorable à une conduite éco-consciente, elle est aussi potentiellement dangereuse.

Privilégiez les régimes moteur bas et une vitesse constante

Vous sortez maintenant du village après l’avoir traversé à la vitesse légale en quatrième ou cinquième vitesse pour privilégier un régime moteur bas, gage d’une faible consommation. Vous accélérez franchement afin d’atteindre 90 km/h rapidement. C’est en effet à vitesse constante que la consommation est la plus basse. Il faut donc éviter tant que possible les phases transitoires et l’outil magique dans ce cas c’est le régulateur de vitesse ! Son utilisation systématique sur routes et autoroutes peu encombrées peut vous faire économiser des dizaines de litres de carburant par an.

Organisez-vous et coupez le moteur à l’arrêt

Vous voici maintenant en milieu urbain, lieu de votre travail. Pour éviter l’heure de pointe et éviter de tourner des heures pour trouver une place de stationnement, vous avez décidé de partir plus tôt. Résultat : vous faites une économie substantielle en carburant tous les jours de la semaine. Si par malchance vous vous retrouvez tout de même coincé dans un trafic très dense, vous avez maintenant le réflexe de couper votre moteur à l’arrêt : vous êtes en quelque sorte le système Stop/Start de votre véhicule ! Attention, à n’utiliser que si votre batterie est en bon état et que vous anticipez un arrêt de plus de 20 secondes.

Ayez l’esprit de compétition !

Vous venez de vous garer et avant de couper le moteur vous avez pris l’habitude de vérifier, avec l’ordinateur de bord, votre consommation moyenne sur votre parcours de ce matin : 6 litres au 100 kilomètres, peut mieux faire, ce soir vous essaierez de battre ce score !

En adoptant ces quelques mesures simples, il est envisageable d’obtenir une baisse de sa consommation en carburant de l’ordre de 10 % voire plus suivant la marge de progrès potentielle. Avant d’utiliser une conduite éco, vous aviez une consommation moyenne de 6.5 litres au 100 kilomètres, vous êtes maintenant à 5.8 litres au 100 kilomètres, une économie de 140 litres de carburant par an sur une base de 20000 kilomètres annuels : 150 Euros de plus dans votre porte-monnaie et 371 kg de CO2 en moins dans l’atmosphère chaque année ! Ceci en gardant votre véhicule à moteur thermique diésel « classique ». Finalement, ce n’est donc pas quel véhicule on conduit qui est important mais comment on le conduit.

Les droits de l'article Conduite économique, les grands principes publié dans Automobile appartiennent à Arnaud Hugel. La permission de reproduire Conduite économique, les grands principes dans la presse traditionnelle ou sur internet doit être accordée par écrit par l'auteur lui-même.
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